{ juillet 3rd, 2010 }

Avec des si…

Avec des si…

L’hypothèse appartient plutôt à la boîte à outil argumentative, le récit en faisant parfois usage dans de longs monologues intérieurs angoissés. Cependant l’hypothèse peut constituer une précieuse ressource pour ponctuer une description de digressions fantaisistes, ou apporter une profondeur de réflexion quand elle s’attache à décrypter un petit détail d’une scène en apparence banale.

Voici quelques propositions pour un atelier de 2h30 environ.

Première partie

1) Chercher dans les ressources d’images d’internet la photographie d’un joyeux capharnaüm (avec le mot-clé « désordre ») en veillant à respecter les droits d’auteur pour la reproduction ces images.

2) Créer au moins cinq listes de six mots à partir des propositions des participants de l’atelier (ou proposer des listes toutes faites, en recherchant l’originalité)

Exemples :

Notaire  marcassin foulard  trapèze cantal nonagénaire

Bêler  occire pancarte médiéval contentieux absinthe

Vétérinaire stupeur quolibet mea-culpa strabisme électeur

Démagogue goéland moustache édredon caqueter caresse

Minute plastique désastre détritus cadeau belette…

Proposition :

Il s’agit d’apporter des explications supposées à ce grand désordre en utilisant les mots des listes. Choisir une nouvelle liste de mots pour chaque début de phrase. Essayer d’en placer le plus grand nombre dans la formulation d’une hypothèse dans le respect d’une cohérence (différente de la vraisemblance !) grammaticale et logique. L’hypothèse doit s’avérer possible sans être pour autant crédible.

1) On peut supposer que…..

2) A moins que….

3) Ou bien alors …

4) Bien entendu on peut également envisager…

5) Mais il apparait plus probable que…

Deuxième partie

Support : Extrait de Palafox, Eric Chevillard, Editions de Minuit (2003), p 7-9, du début à « Chancelade raffolait littéralement, ça tombait bien, des œufs frais. »

Dans ce petit roman à la fois virtuose et réjouissant d’Eric Chevillard, le traitement des personnages et des situations emmène le lecteur vers une fantaisie remarquablement maîtrisée. Dans l’extrait cité, des situations impensables – mais néanmoins supposées – explorent les possibilités insoupçonnées  d’un dispositif socialement convenable : une famille attablée.

Proposition :

A partie d’une situation réelle ou réaliste (que l’on « posera » en deux ou trois phrases maximum) introduire la supposition comme un élément subversif, de façon à suggérer des événements hautement improbables. Contaminer peu à peu le récit, pour apporter une tonalité légère voire fantaisiste.

Propositions de situations : voyage officiel d’un chef d’Etat, soirée télé, réception d’une lettre recommandée…

Troisième partie :

Support : « La Fourchette » nouvelle tirée du recueil de Quim Monzó, Mille crétins, éd. Jacqueline Chambon

Dans cette nouvelle, un observateur surprend dans un restaurant le geste d’une jeune femme qui remplace sa propre fourchette, tombée sur le sol, par celle de son mari, à son insu bien sûr. L’observateur s’interroge sur la signification de ce geste : indifférence du mari à l’égard de l’hygiène? petite vengeance ?

Proposition : Choisir parmi les situations suivantes (ou en inventer une) un décor qui semble propice à la révélation, par un petit événement, un geste, une parole ou un regard, d’une vérité cachée. Le point de vue est externe, l’observateur-narrateur n’a pas accès à cette vérité cachée à propos de laquelle il produit des hypothèses.

Par la fenêtre d’une salle de classe…

Un dimanche en famille

Sur la plage

A l’accueil d’une banque, ce que l’on aperçoit derrière la vitre…

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