{ mai 4th, 2011 }

Atelier d’écriture interminable, Capital culturel – 1

L’atelier d’écriture se caractérise par un temps volontairement limité. Mais la proposition d’écriture peut s’émanciper de son cadre d’atelier pour devenir chantier d’écriture. Et, pourquoi pas, consigne obsessionnelle, espace réitératif jusqu’à complet dévoilement.

Je propose une consigne, et une tentative de traitement.

Proposition d’écriture : écrire sous forme de listes commentées le roman d’un échec.


CAPITAL CULTUREL

N°1 : Conventionnellement désigné comme « le début »

–          Cuisses lourdes

–          seins petits et très hauts

–          bras trop longs

–          jambes trop courtes

–          cheveux secs

–          fesses molles.

Tu n’es pas une vraie fille avec au moins quelques attributs gracieux à défaut d’être belle, mais un être taré avec des bas qui plissent, un col mal roulé, des cheveux imprévisibles, une couleur agressivement désaccordée avec l’air du temps. Tu scrutes l’infirmité de ta silhouette dans le rendu cru des miroirs. Il y aura, dans l’assemblage, un détail malheureux, une tache quelque part.

Ce que tu sais de toi représente l’ampleur de ce qui demeure à cacher.

Faire l’amour : suite d’esquives savantes.

Parler : bruit abondant,  dérèglement qui étourdit, où l’agité des mains fournit un paravent à l’épaisseur du visage.

Les définitions dont tu as construit le monde t’épuisent en gesticulations qui s’observent. Entre ces calculs, l’intervalle de vie où tu respires, ce sont ces passivités bienheureuses : lire, regarder les autres s’accommoder de leur espace, accumuler les émotions fades de la télévision, rester à température.

S.H.


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